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Voici un article extrait du site Déja Grand
Dis-moi ton rang de naissance, je te dirai qui tu es ! La place de l’enfant dans la fratrie peut en effet jouer un rôle déterminant dans la construction de son caractère, jusque dans sa vie future!
L’ainé ou « le petit chef »
L’aîné n’est pas le « préféré », mais il tient une place particulière dans le cœur de ses parents, qui portent sur lui toutes leurs ambitions. Son caractère n’y est pas étranger…
La naissance du premier est le plus beau jour de la vie d’un couple. L’enfant fonde une famille, « il fait ses parents » explique la psychologue clinicienne Régine Scelles. Il recueille donc toute leur attention. En contrepartie, ils attendent beaucoup de lui…
L’aîné peut ainsi devenir ambitieux et perfectionniste. En échange, il attend de la reconnaissance. Bien sûr, tout le monde aime que ses succès soient reconnus, mais lui, il s’en nourri ! Curieusement, les parents attendent tellement de leur aîné, qu’ils ont du mal à le gratifier.
Etant le plus âgé de la fratrie, l’aîné est aussi le plus responsable. Notamment parce que les parents lui confie plus de tâches qu’aux autres. Surtout aux filles, qui prennent le rôle de « deuxième maman » avec les derniers, principalement dans les familles nombreuses.
Droit d’aînesse
L’aîné ouvre la fratrie. A ce titre, il s’octroie un « droit d’aînesse ». Qui choisi le programme à la télé ? L’aîné. Qui s’assied à la place préférée de tous à table ? L’aîné…
Des qualités pesantes
Responsable, ambitieux et perfectionniste : ces qualités risquent de faire de l’enfant, un petit anxieux. Si son ambition est très forte, il peut craindre de faire des erreurs. Dans ce cas, il préfère se cantonner à la voie la plus sûre, celle où il a plus de chance de remporter un succès. « Les aînés n’aiment être exposés aux regards des autres que s’ils sont la vedette. S’ils risquent de commettre une erreur susceptible de ternir leur image de perfection, ils préfèrent s’abstenir », explique Michael Grose.
Le Cadet ou « l’enfant paradoxal »

La place du cadet peut être très différente si la fratrie se maintient à deux ou si d’autres enfants viennent compléter la famille. Son caractère se rapproche sur certains points de celui de l’enfant du milieu.
« Imprévisible », le deuxième est difficile à cerner : « il est l’esprit libre de la famille ou le plus susceptible d’énerver ses frères et sœurs. Quand trois enfants regardent tranquillement la télévision, si vous entendez soudainement crier, vous pouvez parier que c’est le cadet qui est venu troubler la paix ! »constate Michael Grose. Pourquoi ? Car le second cherche sa place entre un aîné – surtout s’ils ont moins de deux ans d’écart – dont il n’accepte pas les ordres, et les plus jeunes sur lesquels il se « venge » !
Lorsqu’il est plus proche en âge du premier que du suivant, le second emboîte le pas à son aîné. « Si le premier est responsable et sérieux, le deuxième risque d’être un enfant à problème » constate Michael Grose.
Plus l’aîné et le cadet sont proches en âge, plus leur relation est paradoxale – rythmée par des périodes de fortes rivalités et de complicités – surtout s’ils sont de même sexe estime Françoise Peille*, psychologue clinicienne.
Enfant « adaptable »
En général, le second apprend très tôt à s’adapter. Bébé, il est élevé au rythme de la vie de l’aîné : ses repas, ses trajets pour aller à l’école etc. Ses capacités d’adaptation, lui valent plus tard d’être plus souple que son aîné.
Par ailleurs, comme il sait qu’il ne peut charmer son aîné pour parvenir à ses fins, il négocie pour faire des compromis. Ce qui lui donne la réputation de fin diplomate !
*Auteur de Frères et Sœurs, chacun cherche sa place (Ed. Hachette Pratique)
L’enfant du milieu ou « l’enfant sandwich »
L’enfant du milieu s’estime lésé par rapport à l’aîné et au benjamin, à qui on accorde bien plus d’attention. Il apprend alors à faire son chemin, discrètement, en demandant de l’aide le moins possible.
« Il a grandi sans problème, presque sans qu’on s’en rende compte » raconte Emmanuelle (maman de trois enfants), en parlant de Fred, le cadet de trois frères. Cela explique des études américaines, selon lesquelles, le puîné est celui à qui on accorde le moins de temps et d’attention. « On dit souvent que c’est la place la plus difficile »estime même Françoise Peille. Très tôt, l’enfant peut alors prendre l’habitude de demander peu d’aide en cas de besoin, et devient de ce fait plus indépendant. Il apprend alors à se débrouiller : « il ne peut pas toujours compter sur son aîné ou demander de l’aide à ses parents, davantage disponibles pour le dernier. Il se tourne donc vers ses camarades », constate Michael Grose.
Une « injustice » bénéfique !
« Tiraillé entre les plus grands et les plus petits, en général, l’enfant du milieu se plaint d’une situation inconfortable. Il ignore qu’elle lui permettra par la suite de devenir un adulte conciliant, ouvert aux compromis ! » explique Françoise Peille.
Mais attention, car il peut aussi se fermer comme une huître pour éviter les conflits et conserver une sérénité qui lui est chère…
S’il l’enfant du milieu aime « la justice », c’est parce qu’il trouve, dès son plus jeune âge, que la vie est injuste envers lui : l’aîné a plus de privilèges et le dernier est plus gâté. Il adopte rapidement la résilience, se plaint peu, mais se braque très vite au point de se montrer parfois très têtu…
S’il est sociable, c’est grâce à son aptitude d’adaptation, que ce soit aux différentes personnalités ou aux variations d’âges de ses frères et sœurs qui l’entourent.
Le benjamin ou « le bébé de la famille »
Charmeur, manipulateur, gâté : le petit dernier est souvent stéréotypé ! Son rang lui offre pourtant bien des qualités.
Il en a de la chance le benjamin ! Les aînés ont rôdé le terrain et l’éducation des parents – moins patients que pour les premiers – s’est souvent relâchée. Mais si ces derniers sont plus tolérants, ils peuvent être aussi plus difficiles à impressionner. Le petit dernier ne reçoit alors certainement pas toute la reconnaissance escomptée pour son premier dessin ou ses premières bonnes notes à l’école…
En outre un peu flemmard, il prend l’habitude de suivre le mouvement et prend donc peu de décisions juge Michael Grose. A sa décharge, il n’est pas très encouragé à se prendre en main, de peur d’être taquiné voire rabaissé par ses frères et sœurs… Il finit quand même à y trouver son compte en jouant l’art d’esquiver les responsabilités, comme mettre le couvert.
Une persévérance à toute épreuve
Quand il veut quelque chose, il l’obtient. Par quels moyens ? Ses talents de « charmeur » et de « manipulateur » affirme Michael Grose. Il suffit d’une pincée d’air malicieux, une autre de vulnérabilité, le tout, en feignant l’incompétence. Résultat, un adulte ou un aîné vole à son secours !
On lui reproche d’être irresponsable, mais pourtant ses parents comme ses frères et sœurs ont parfois du mal à voir – ou faire ! – grandir le petit bout de chou …et sont donc fautifs.
Alors « Destiné à rester petit, c’est au petit dernier de prouver le contraire. Ce qui est souvent un moteur pour sa vie » constate Françoise Peille
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